Répartition
Commune en France dans beaucoup de régions forestières et humides.
Morphologie
C’est le plus gros Urodèle de France. En moyenne les individus mesurent 20 cm, mais les jeunes métamorphosés sont beaucoup plus petits (6cm environ). Le corps est massif, d’aspect boudiné, la queue relativement courte.
Coloration
Les adultes sont d’un noir luisant avec des taches jaunes ou orangées. Selon les régions, les taches peuvent être disposées en deux bandes longitudinales dorso-latérales principales qui débutent en avant de la tête et se prolongent sur la queue (Salamandra salamandra terrestris Lacepède). Les taches sont parfois irrégulièrement réparties sur le dos (Salamandra salamandra salamandra L). D’autres sous-espèces ont été décrites, parmi lesquelles S.s. fastuosa dans les Pyrénées.
Biotope
La Salamandre tachetée est l’hôte habituel des forêts de feuillus en plaine et moyenne altitude ; on la rencontre aussi dans les forêts de résineux.
Comportement
La Salamandre est un animal discret pendant la saison estivale, son territoire étant d’ailleurs assez restreint (10 à 150 m² d’après Joly 1968). Les sorties sont nocturnes, surtout après une pluie ; ensuite, l’animal regagne son gîte, constitué par une anfractuosité dans le sol ou situé sous une pierre. Les sorties estivales sont liées à la recherche de la nourriture qui se compose de Vers, Mollusques et Myriapodes comme nous avons pu le constater en examinant les contenus stomacaux d’animaux écrasés sur le bord d’un chemin forestier dans l’Est de la France.
La voracité des Salamandres adultes est confirmée par le fait qu’elles capturent des Lombrics de 15 à 20 cm de longueur.
Au cours de l’année, deux périodes d’activité plus importante sont notées ; l’une au printemps correspond à la période de ponte principale et on rencontre des Salamandres en bordure des ruisseaux ou des flaques d’eau ; la deuxième période, automnale, est souvent liée à la recherche des partenaires en vue de la reproduction. Les accouplements ont lieu entre septembre et mai selon les régions ; bien décrit par J. Joly, le comportement reproducteur de la Salamandre tachetée présente quelques particularités par rapport à d’autres espèces d’Amphibiens.
Tout d’abord, l’accouplement a lieu sur le sol. Après différentes postures, le mâle se glisse sous la femelle, dépose son spermatophore puis, par un déplacement de la partie postérieure du corps, il laisse la femelle s’abaisser et appliquer son cloaque sur le spermatophore.
La fécondation n’a pas lieu immédiatement et le sperme est conservé dans le réceptacle séminal des femelles.
Les salamandres sont ovovivipares et les larves ne se libèrent de leur enveloppe qu’au moment de la parturition (espèces de plaines) ou avant celle-ci (espèces d’altitude). C’est à partir de l’automne et jusqu’au printemps que les femelles recherchent les ruisselets forestiers pour y déposer leurs larves. Celles-ci, trente à quarante par femelle, nagent immédiatement et sont pourvues de branchies externes.
On les distingue des larves de Tritons par la présence de petites taches jaunes à la base des pattes antérieures et à celle des pattes postérieures. Extrêmement voraces, elles consomment des Tubifex, Chironomes et autres animalcules. En fin de vie larvaire, on peut rencontrer plusieurs dizaines d’individus dans de petits trous d’eau. C’est à cette période qu’apparaît le cannibalisme ; les jeunes larves de Salamandres, en consommant des individus de leur propre espèce, accroissent non seulement leur taille, mais en plus accélèrent leur métamorphose. Selon les régions, elles quittent le milieu aquatique 4 à 6 mois après la parturition, puis deviennent terrestres. Leur croissance post-métamorphique semble assez lente.
Durant l’hiver, jeunes et adultes entrent en vie ralentie, mais l’hivernage n’est pas profond et dès que la température est favorable les animaux sortent de leur retraite.
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