Répartition
Comme la salamandre noire S. atra, la salamandre de lanza est liée aux massifs montagneux, mais beaucoup plus localisée : vallée du Guil (Queyras) et versant italien du Mont Viso. Elle était connue de ces secteurs depuis le siècle dernier (Coutagne 1883), mais sous le terme générique de Salamandre noire.
Morphologie
Cette nouvelle espèce de Salamandre noire, décrite en 1988 par Nascetti et al. est en moyenne plus grande de 2 à 3 cm que Salamandra atra. La tête est plus aplatie et la queue assez longue et arrondie à son extrémité. Les bourrelets transversaux situés sur les flancs de l’animal présentent des protubérances ovales pourvues de plusieurs orifices excréteurs de glandes à venin. Il n’y a pas de pores excréteur le long de la colonne vertébrale.
Coloration
La coloration noire est constante aussi bien chez l’adulte que chez le jeune.
Biotope
L’espèce fréquente les pelouses alpines de la haute vallée du Guil entre 1600 et 2200m d’altitude (Riberon et al. 1996) ; les zones ou l’humidité est constante sont recherchées en priorité surtout parmi les jeunes individus. Les gros blocs de rochers situés à proximité de trous de Marmotte ainsi que de nombreuses anfractuosités dans le sol constituent des sites de refuge durant la majeure partie de la journée et aussi pendant la phase d’hivernage.
Comportement
La recherche et l’observation des Salamandres de Lanza s’effectue tôt le matin lorsque l’humidité est encore supérieure à 70% et la température douce ; la majeure partie des individus s’active entre 5H et 9H et ensuite les Salamandres deviennent beaucoup plus discrètes, le plus souvent cachées dans les galeries du sol.
Les observations précises montrent que les mâles et les femelles sont territoriaux. Leur domaine vital dépasse rarement quelques dizaines de m². Les adultes sont sédentaires et fidèles à un gîte. Le marquage du sol par des substances issues du cloaque permet aux individus de reconnaître leur gîte. Les déplacements comme chez l’espèce précédente sont lents entrecoupés de phases d'immobilité totale. Les communications interindividuelles sont d'abord visuelles mais l’olfaction joue probablement un rôle important dans la reconnaissance des sexes.
L’alimentation s’effectue sur les espèces d’Invertébrés les plus abondantes à un instant donné, durant la saison estivale.
La reproduction se déroule suivant un processus semblable à celui de Salamandra atra et le développement embryonnaire effectue dans les utérus de la femelle, les larves au nombre de 5 à 6 prolongent leur développement durant 4 ans jusqu’à la naissance où elles sont libérées totalement métamorphosées. Elles atteignent alors 5.5 à 6cm de long et pèsent environ 2g.
La durée de gestation, très longue, s’explique par le fait que la période active des animaux est brève limitant les échanges métaboliques. Durant cette période, les jeunes larves absorbent la bouillie intra utérine constituée par le vitellus des œufs non fécondés, il n’est pas exclu par ailleurs que les échanges avec l’organisme maternel s’effectuent au travers de la paroi utérine.
La longévité des Salamandres noires de Lanza est considérable (Riberon et al. 1996) ; plus de 20 ans sont des âges assez fréquents chez cette espèce !
L’hivernage (octobre à mai) s’effectue en général dans les terriers de Marmotte et autres infractuosités profondes du sol.
Photos: