Répartition
Présent essentiellement au Nord de la Loire, Nord et Est, ainsi que dans les Alpes et le Massif Central.
Morphologie
C’est une espèce très typique dont la taille varie de 9 à 12cm, les femelles étant généralement plus grandes. La tête, un peu plus longue que large, présente un museau large. Le tronc est prolongé par une queue pointue, de longueur sensiblement égale.
La peau, lisse pendant la phase aquatique, devient plus rugueuse lorsque l’animal est à terre.
Comme chez les autres Tritons, il existe un dimorphisme sexuel net, surtout au moment de la reproduction. Les mâles se différencient des femelles par leur crête dorsale qui se prolonge au niveau de la queue.
Coloration
C’est une espèce dont la livrée est splendide ; le mâle, en particulier, a un dos bleu-grisâtre plus ou moins clair rehaussé par une crête dorsale qui présente une alternance de taches noires et jaunes. Les flancs, de couleur bleu ciel, sont piquetés de macules noires qui se prolongent vers l’avant jusqu’au museau. Un ventre orange sans taches et des pattes aux doigts annelés de jaune et de bleu foncé complètent la description.
Les femelles, bien que présentant les mêmes couleurs d’ensemble, restent beaucoup plus ternes.
En période estivale, durant la phase terrestre, les deux sexes, facilement confondus alors, sont de teinte sombre et certaines personnes les confondent avec une Salamandre. Par précaution, les néophytes doivent toujours vérifier la coloration de la face ventrale qui reste identique toute l’année. Deux sous-espèces sont actuellement reconnues en France Triturus alpestris alpestris et Triturus alpestris apuanus.
Le Triton alpestre fréquente aussi bien les mares pourvues de végétation que les milieux oligotrophes. L’erratisme des individus semble important, car on le rencontre souvent dans des flaques d’eau d’anciennes carrières abandonnées là où la végétation n’est pas encore installée. Il a été considéré, à juste titre, comme une espèce pionnière.
Biotope
Le Triton alpestre est l'hôte des flaques d'eau, ornières sur les chemins forestiers, ballastières, étangs et marécages. Les eaux froides sont plus recherchées, de même que les zones ombragées ; en fait, il semble que l'espèce soit eurytherme. La répartition altitudinale est très large cor on le trouve aussi bien en plaine qu'en haute altitude (2000 à 2400m dans les Alpes).
Comportement
Après une période d’hivernage plus ou moins longue suivant l’altitude, les Tritons effectuent leur parade nuptiale. Les femelles, lors de leurs déplacements dans l’eau, attirent les mâles ; ces derniers se placent alors face à face, plus ou moins perpendiculairement au corps de leur futur conjoint. Chaque mâle fait vibrer son extrémité caudale recourbée sur l’un des flancs ce qui provoque un léger courant d’eau se dirigeant vers l’avant de la femelle. Les phéromones sexuelles sont alors émises par le mâle et dirigées vers la femelle.
Il y a dépôt d’un spermatophore qui sera capté par les bourrelets du cloaque de la femelle. Les œufs, déposés dans le pli d’une feuille de plante aquatique (100 à 400), éclosent après une à deux semaines et le développement larvaire commence alors. Il est d’ailleurs de durée variable selon la température, les jeunes nés en altitude pouvant se métamorphoser deux années après la ponte (cycle biennal ; Vilter 1963) ; durant leur croissance, les larves consomment du plancton puis des Vers et des larves diverses ; elles sont extrêmement voraces. Au moment de la métamorphose, les jeunes quittent le milieu aquatique et se réfugient sous les pierres et les souches.
En altitude, la néoténie est fréquente.
Les adultes passent la majeure partie de leur temps dans l’eau, surtout dans les régions montagneuses. P. JOLY (1979) montre qu’il existe une grande variabilité inter et intraindividuelle dans les rythmes d’activité de ces animaux. La présence de congénères, l’absence ou la présence de plantes aquatiques modifient la durée et l’intensité des déplacements.
Dans les lacs de montagne, la rareté de la végétation aquatique fait que les Tritons alpestres sont extrêmement vulnérables ; les alevinages en Salmonidés contribuent ainsi à l’élimination de cette espèce. Des mesures devraient être prises pour conserver la faune originelle de ces biotopes d’altitude.
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