Répartition
Chaîne des Pyrénées.
Morphologie
C’est un Urodèle de 10 à 14cm en moyenne, à corps allongé, ressemblant à un Triton. La peau est rugueuse, présentant des petits tubercules : la tête est plate avec un museau arrondi.
La queue, comprimée latéralement à l’extrémité, ne possède pas de crête dorsale nette. La pointe des doigts et des orteils est terminée par une petite griffe noirâtre.
Coloration
Elle est variable, olivâtre le plus souvent sur le dessus du corps, parfois brun vert ou verdâtre. Le ventre porte une bande longitudinale centrale jaune ou orangée. Les jeunes individus sont de teinte foncée, ils représentent des taches jaunes juxtaposées sur le dos et la base de la queue.
Biotope
L’Euprocte vit dans les torrents de la chaîne des Pyrénées où on le rencontre habituellement entre 700 et 2500m d’altitude. C’est une espèce sténotherme, rhéophile ne se maintenant à basse altitude que si les eaux restent froides et oxygénées ; les températures de 10 à 15°C sont les plus favorables aux individus adultes et aux larves. Certains Euproctes sont hypogés et vivent donc à l’intérieur de grottes (Clergue-Gazeau 1971), ils restent alors totalement aquatiques.
Comportement
Afin de se maintenir dans les eaux torrenticoles, les Euproctes s’aident de leurs pattes munies de griffes ainsi que de leur queue musculeuse préhensile. Bien que les individus puissent se rendre sur la terre ferme, c’est dans les eaux claires et oxygénées que l’on rencontre la grande majorité des adultes ; en revanche, les larves au moment de la métamorphose fréquentent volontiers la mousse humide en bordure des torrents.
La nourriture est constituée de proies aquatiques (larves diverses, Crustacés, Vers, Mollusques) capturées durant la belle saison ; en hiver les Euproctes épigés ne s’alimentent pas et restent en vie ralentie sous la neige ou dans l’eau glacée (Clergue-Gazeau 1969). Au début du printemps qui correspond à la fonte des neiges, les mâles et femelles s’accouplent dans l’eau.
Après la copulation, les femelles recherchent les endroits calmes pour déposer les œufs isolément sous les pierres (d’après Despax 1923). Ceux ci, peu nombreux, ont un développement embryonnaire qui dure 4 à 6 semaines selon la température. Les jeunes larves éclosent alors et se répartissent ensuite dans les zones calmes du torrent. Après une croissance assez lente, la métamorphose survient le deuxième ou le troisième été selon l’altitude : les animaux atteignent alors une taille voisine de 60 mm et présentent des reflets violets lorsqu’on les observe dans les torrents (Clergue-Gazeau 1968). Au moment de la métamorphose, la coloration change et une teinte noirâtre apparaît, rehaussée par une ligne dorsale formée de taches jaunes juxtaposées ; parallèlement, la nageoire caudale régresse et la tête prend sa forme définitive.
Chez les individus hypogés, l’obscurité retarde considérablement les phénomènes métamorphiques et favorise l’apparition de larves géantes qui se transformeront très progressivement. La croissance ultérieure des jeunes est lente et la taille adulte est atteinte à 4 ans à 1000m voire 6 ans à 2500m d’altitude.
Photos: